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Pour ne jamais oublier… (3 mois de grossesse)

C’est avec joie que j’écris cet article. C’est plus qu’une joie d’ailleurs c’est en fait une nécessité d’écrire, de poser mes mots.

Pour ceux qui me suivent sur insta, vous êtes au courant que je suis de nouveau enceinte et que cette grossesse souhaitée nous a apporté énormément de bonheur. Je ne sais pas très bien par où commencer tellement j’ai de sujets à aborder autour de cette annonce, de cette grande nouvelle.

Peut-être que je dois débuter par mon ressenti le plus éloigné pour revenir par la suite au présent et au futur. Aussi loin que je me souvienne, de part mon manque de confiance en moi légendaire mais très bien caché en société, j’ai toujours cru ne jamais pouvoir enfanter. Le mot n’est pas très beau et c’est volontaire parce qu’il correspond à cette image tellement dévalorisée que je me suis forgée de moi-même. Je parle au passé car la vie, les expériences et le travail que j’ai pu faire sur moi-même m’amènent à m’accepter et mieux m’estimer aujourd’hui.

Tomber enceinte de Madeline a donc été une incroyable surprise à l’époque. J’ai vraiment réalisé que mon corps avait été capable de mettre au monde un enfant plusieurs mois seulement après avoir accouché. Je n’avais tellement pas confiance en ma capacité de faire ce que tant de femmes arrivent à faire si banalement depuis la nuit des temps. Je ne pensais pas non plus pouvoir allaiter, me persuadant que ma poitrine que je déteste n’était pas en mesure, en capacité, de nourrir cet enfant.

Je crois que Madeline m’a guéri de ces conneries que j’avais dans la tête. Elle est réelle, elle existe, elle parle, elle marche, elle est en vie ET elle vient du creux de mon ventre, de mes entrailles. Je l’ai nourri aux seins 3 mois. Ce n’est peut-être pas beaucoup pour certains mais quelle fierté pour moi qui considérais mon corps comme un incapable. J’ai réussi, on a réussi toutes les deux.

Quelques mois après la naissance de Madeline, nous avons souhaité avoir un deuxième enfant et bingo, je suis tombée enceinte dès le premier essai. Cette fois, avec plus de confiance, je crois à fond en ce qui nous arrive mais malheureusement une épreuve de la vie nous attend. Malgré le test urinaire positif et malgré une prise de sang positive, se cache en fait une grossesse qui n’a aucune chance d’aboutir car l’embryon ne se développe pas dans l’utérus. On appelle ça une grossesse extra-utérine. Douche froide, épisode douloureux, divers rendez-vous médicaux, mauvais diagnostic de l’hôpital, intervention douloureuse psychologiquement, mauvaise prise en charge émotionnelle du personnel soignant… Nous mettons un peu de temps à tourner la page. Ils auraient eu un an d’écart. Il aurait bientôt 2 ans.

Si j’ai souhaité aborder ce sujet personnel ici, c’est un peu pour désacraliser la vie parfaite véhiculée par les réseaux sociaux. On ne poste que des choses positives, on parle de la grossesse comme si elle n’était que joie et bonheur. Je pense qu’il est important de souligner que la vie d’une femme a de fortes chances d’être teintée de fausse couche, de maux de grossesse extrêmement pénibles, d’IVG sans suivi psychologique, de douleurs dues aux cycles menstruels, de violences obstétricales banalisées, d’accouchements douloureux etc.

Je veux que ma fille puisse vivre dans un monde dans lequel elle puisse se plaindre et aborder ces sujets naturellement. Je ne veux pas qu’elle se cache et doive supporter des expériences traumatisantes sous prétexte que c’est une fille et qu’il est normal pour une fille de vivre ce genre de situations dans le silence comme c’est encore le cas trop souvent.

Je traverse actuellement et ceux depuis le début de cette 3ème grossesse, une période extrêmement compliquée à gérer sur le plan physique et émotionnel. Je suis très heureuse d’être enceinte mais les nausées et les vomissements ont été tellement omniprésents que je n’avais plus la force de me lever, de m’occuper de ma fille de bientôt 3 ans, de m’occuper de mon foyer, de travailler. Aujourd’hui, je ne peux plus supporter d’entendre que la grossesse n’est pas une maladie. Passer 3 mois avec une sensation de gueule de bois constante, à vomir en moyenne 3 fois par jour, à avoir la nausée du matin jusqu’au soir. A dormir les aprems alors que je dors déjà 12 heures par nuit. A ne pas avoir le courage d’atteindre ma douche. A vomir parce que je sens des odeurs que personne d’autre ne sent. A porter un masque pour pouvoir entrer dans ma cuisine car ces odeurs, ces foutus odeurs… A porter toute la journée des bracelets d’acupression qui compriment les poignées pour tenter de diminuer les nausées, à faire des cauchemars, des insomnies. A supporter les remarques et les sourires parce que oh ça va, il y en a eu d’autres avant toi qui sont tombées enceinte ! Il y a celles qui bossent dur jusqu’à la date officielle de leur congé mater. Et puis, il y a les autres. Il y a moi. Je pense que mon état n’a pas été loin de ce qu’on peut appeler une dépression. Plus d’envie, plus d’énergie, l’impossibilité de voir le positif.

J’avais tellement besoin d’écrire ça, ici, sur mon espace. J’aimerais que mon article puisse résonner en certaines personnes. La grossesse est unique, ce que je ressens ne doit pas faire peur, mais ça doit être su, être partagé car c’est un état qui existe et pour celle qui le vit, le soutien est primordial et heureusement j’ai pu m’appuyer sur ma moitié durant cette période infernale. Je sais aussi que mon état était assez proche de celui de l’hyperemesis gravidarique qui est encore l’étape au dessus de ce que j’ai vécu car il implique une hospitalisation bien souvent pour déshydratation. Heureusement pour moi les nausées étaient plus importantes que les vomissements.

Je ne connais aucune femme autour de moi qui ai subi tout le package de maux de grossesse que je viens de vous énumérer. Difficile pour moi de ne pas passer pour celle qui se plaint de sa situation et je garde en tête tous les couples qui veulent devenir parents et qui galèrent. Toutes ces femmes qui aimeraient peut-être endurer ce que j’endure pour avoir la chance d’accueillir un enfant dans leur foyer. Je sais que ça va passer, que mon état est temporaire, que j’oublierai tout quand mon bébé sera parmi nous.

Je me rends compte que j’ai écrit au présent et au passé et c’est très représentatif de mon état actuel car je suis entrain de dire au revoir à ce maudit premier trimestre et j’espère pouvoir laisser derrière moi tous ces désagréments qui sont encore un peu présent actuellement. Je crois pouvoir dire que je vais de mieux en mieux. Je compte reprendre le travail. Je n’aurais pas pu imaginer ça il y a encore quelques semaines. Ca peut prêter à sourire mais je reviens de loin, je me suis sentie envahie par la tristesse et la perdition pendant quelques semaines. Les hormones de grossesse m’ont jouées des tours durant ces premières semaines de grossesse tant sur le plan physique qu’émotionnel. Je me remets aussi d’un deuil assez récent et j’ai peut-être enfoui des sentiments que la grossesse n’a pas pu retenir en elle plus longtemps. Et pourtant, ce petit être qui arrive dans la famille ne demande qu’à ouvrir une nouvelle fenêtre sur l’avenir. En ça je crois très fort.

Ne souhaitant pas écrire un article aux tonalités totalement négatives et allant de mieux en mieux, j’ai envie de prendre un peu de recul face aux dernières semaines difficiles et finir l’article en vous livrant quelques anecdotes dont je préfère aujourd’hui rigoler en publiant les commentaires que vous m’aviez laissé sous l’article ‘Au secours, je deviens folle ! (6mois de grossesse)‘ écrit en Janvier 2017 ainsi que vos petits mots postés sur mon Instagram. Ces petites anecdotes avaient été bienvenues, elles m’avaient rassurées et données le sourire, j’avais très envie de les publier ici pour illustrer cet article.

‘Je pleurais non stop pour tout et rien (le dernier biscuit était seul dans la boite, la pub pour serviettes hygiéniques Nana, plus de tarte au resto etc)
Je ne supportais plus aucun parfum
J’avais des envies folles de couscous ou de churros
Je faisais des cauchemars incroyablement réalistes
Je suis devenue maniaque à la limite du toc (il paraît que c’est souvent avant l’accouchement) et ça c’est pas du tout passé.’

Bobby Elroy

‘Pour moi, impossible de sentir une odeur de poulet ! Il fallait que je sorte de la pièce si quelqu’un en mangeait… Le 1er trimestre, outre m’endormir à 20h comme les poules, je me nourrissais de cornichons, de pain, de kiri, de glace à la vanille, de bananes et de chocolat… Et de lait ! Alors que je DÉTESTE le lait.
Une pub de couche pour bébé me faisait pleurait… enfin bon… les hormones quoi !’

Mathilde

‘Je peux me mettre à déprimer, pleurer parce que je ne sais pas comment m’habiller, parce que j’ai des boutons plein la tronche ou parce que j’ai foiré mon vernis à ongles! Ça devient pire si l’amoureux se moque un peu de moi (après il vient me câliner). Et puis une heure après (ou le lendemain) je vais beaucoup mieux avec la grosse patate!
Je peux d’un coup faire une espèce de crise de maniaquerie et décider de tout ranger et si par malheur après y’a quelqu’un à la maison qui n’a pas rangé ses affaires ou mis un verre dans l’évier alors qu’il est vide et que toute la vaisselle est lavée ça peut me mettre hors de moi, un peu en mode gremlins pas content!
Je ne me sens pas du tout épanouie dans cette situation, j’attends mai avec impatience. Même si quand ma grenouille bougeotte dans mon ventre, je m’arrête, j’en profite, je mets mes mains sur mon ventre, je le regarde, parfois on voit de l’extérieur les petits mouvements et ça ça m’éclate. Mais je ne me m’inscris pas dans le  » tu verras la grossesse c’est génial »’

Mandy

‘J’ai connu ça pour ma 2ème grossesse nausées et vomissements jusqu’a l’accouchement. Impossible de rentrer dans la cuisine . Les odeurs me rendaient malades et en plus les odeurs de parfum. Je ne supporte toujours pas le parfum chance de Chanel que j adorais pourtant!!! Et cela va faire 16 ans que j ai accouché.’

Delf

‘J’étais capable de tout virer de colère de la salle de bain parce que l’on avait utilisée MA serviette, mettre ma meilleure amie à la porte en pleine nuit (si, si) juste parce qu’elle n’était pas rentrée à l’heure qu’elle avait prévu, je pleurais sans cesse ou je riais, c’était épuisant ! Je dormais au début au moins 15h par nuit, de toute façon le reste du temps je piquais du nez…
Mais à un moment je ne sais pas ce qui s’est passé, moi qui cuisinait tout le temps, je n’ai moi non plus plus approché la cuisine. J’ai fini par faire des crises de larmes pour déménager parce que je ne supportais plus cette odeur de soupe insoutenable qui était dans l’appartement (alors que nous avions déménagé pour plus grand et donc jamais fais de soupe dans cet appart) j’ai tout essayé, encens, assainisseur d’intérieur, aérer toute la journée (je te laisse imaginer en janvier), et pour finir je sortais du matin au soir au parc, à la médiathèque, bref partout sauf LA CUISINE qui sentait vraiment trop la soupe !!!!’

Bambichoses

‘J’étais en pleine forme mais alors j’ai traumatisé mon mec avec les pommes noisettes je pouvais en manger même le matin, j’en avais un plein congélateur puis les pommes de terre vapeur ont pris un peu le dessus mais le mal était fait mon homme ne pouvait plus supporter les pommes noisettes ah ah ! On est bizarre quand même enceinte ! Ah et sinon plus fort que moi je passais l’aspirateur tous les jours ! Mon voisin me détestait !’

Lisbaune Persie

‘J’ai passé ma grossesse à commande chez Foodcheri, Deliveroo, chinois en bas de chez moi, pizza, ou à réchauffer des sachets de surgelés Picard. Je ne supporte plus aucun parfum et j’ai changé dix fois de lessive parce que je trouvais qu’elles sentaient toutes trop fort et je constate que le sandwich au kiri a beaucoup de succès auprès des femmes enceintes’

Anne_dressingideal

 

Merci à mon amie Lou pour les jolies photos ♥